21-02-2007, 13:34
Voui, j'ai vérifié, cher Maître!!!
Suite des "choses" (
) :
Un opuscule sur la Perse l'avait convaincu de visiter l'Iran, et pas question d'écouter les mises en garde concernant la cuisine locale.
Mais il commençait à présent à regretter l'enthousiasme gargantuesque avec lequel il avait engouffré exhaustivement le menu proposé. Il perdait peu à peu son teint marmoréen, avait l'impression d'avoir du magma en fusion dans l'estomac, craignait que cela ne dégénère en un sulfatage dévastateur. Pas le moment de faire une coloscopie! Fallait vite se mettre à l'abri des regards : il se précipita derrière la ziggourat.
Vacances à la campagne la prochaine fois, se promit-il.
C'est le lendemain de ses soixante ans qu'il subit une coloscopie. L'infirmière avait dû lui administrer jusqu'à trois laxatifs car il n'avait - bien sûr - pas pu renoncer ni au dîner gargantuesque que lui avaient confectionné ses amis, ni à son gâteau d'anniversaire : une gigantesque ziggourat de crème et de choux fourrés.
Vêtu d'une simple chemise d'hôpital ouvrant par l'arrière, il restait "en observation". Pris d'ennui vers vingt-trois heure et n'ayant pas de voisin de chambrée avec qui échanger des maximes, il s'avisa de lire un petit opuscule qui traitait exhaustivement du sulfatage. C'était sa fine reliure de cuir d'aspect marmoréen qui avait attiré son œil curieux, mais le contenu de l'ouvrage ne le déçut point pourtant. Au moins n'était-ce pas un magma informe d'idées empruntées... L'auteur prenait fait et cause pour son sujet et le menait tambour battant, c'en était émouvant.
Quel cauchemar cette nuit...
Je ne te raconte pas...
Si je te raconte mais pas exhaustivement ça prendrait toute la nuit, mais voilà l'histoire.
Je me suis retrouvé devant un buffet gargantuesque, style Club Med.
Connaissant ma gourmandise légendaire je n'ai pas résisté et je me suis empiffré comme quelqu'un qui n'avait plus rien avalé depuis une semaine.
Les gens autour de moi chuchotaient " il va éclater comme une baudruche celui la!! "
Quand j'ai senti que mes dents du fonds baignaient et que je ne pouvais plus rien avaler je suis rentré chez moi.
Voulant quelque peu éliminer et poussant comme pendant les douleurs de l'accouchement, rien, rien de rien.
Je fus obligé de consulter et après une coloscopie douloureuse on détecta un magma qui bouchait mon arrière train.
Après une boîte de dragées Fuca je ne te dis pas le sulfatage digne d'un épandeur à lisier.
Mais quel ne fût pas ma stupéfaction de constater que j'avais réalisé un magnifique petit édifice genre ziggourat marmoréenne de toute beauté, digne d'un grand sculpteur.
J'étais ravi!!
Comme quoi les cauchemars ont du bon! Je n'aurais jamais su que j'avais un don aussi bien caché.
J'ai noté tout mon aventure dans un petit opuscule que je te fais parvenir...
Bonne lecture.
Alors que je me promenais dans les chemins creux bordant les prés où mon oncle Philibert s’adonnait régulièrement à la taille de la vigne (terme dont j'appris bien plus tard qu'il s'agissait d'un euphémisme dont ce cher Tonton usait pour décrire ses galipettes avec Valentine, sa marmoréenne et gironde voisine), j'eus la surprise de trouver au sol un livret signé d'un obscur Arturo Copi.
Ce curieux opuscule m’intrigua de par sa facture, somme toute raffinée malgré les griffes du temps et de la météo, et l’incompréhensible motif de pyramide à degrés qui en ornait la couverture.
Son étrange titre "Des bienfaits du soufre dans les exploitations mytilicoles de Basse Asturies et de Sicile” finit de me rendre perplexe et de piquer ma curiosité.
Quel rapport pouvait il bien y avoir entre une Ziggourat Mésopotamienne et les moules d’Italie?
Voilà qui était de plus en plus surprenant!
Je pris l’objet sous mon bras et décidai de rentrer sans plus attendre afin de l’étudier au plus vite.
Mais à peine arrivé, l’heure de midi sonna. Et à la campagne, le repas, c’est sacré, pas d’échappatoire possible. Les sempiternelles et tant redoutées agapes gargantuesques auraient raison de moi, mais pas question d’y échapper, ne serait-ce qu’une fois…
Une fois remis d’une digestion laborieuse et somnolente, j’entamai le nettoyage et la lecture de l’ouvrage.
J’y appris comment les vieux paysans récoltaient le soufre sur les champs de magma régulièrement déversés par le Vésuve ou l’Etna, noms qui m’étaient alors inconnus mais ô combien évocateurs.
J’y découvris aussi les bienfaits du sulfatage (action de projeter un lait jaunâtre à l’aide d’une sorte de lance) sur la coloration et l’ouverture des susdits bivalves.
J’y découvris tout un monde dont je ne soupçonnais même pas l’existence.
Fasciné par tant de travail et d’érudition minéralo-marine, je dévorai le texte et les illustrations d’un trait.
L’auteur s’était, semble-t-il, donné pour mission de répertorier exhaustivement l’ensemble des méthodes et procédés de récolte, de production et d’épandage de ce “don des dieux”. Un vrai travail de romain, une œuvre de titan, quel coloscopie!
Suite des "choses" (
) : -------------------------------------------
No 5
JEFFTOM
Un opuscule sur la Perse l'avait convaincu de visiter l'Iran, et pas question d'écouter les mises en garde concernant la cuisine locale.
Mais il commençait à présent à regretter l'enthousiasme gargantuesque avec lequel il avait engouffré exhaustivement le menu proposé. Il perdait peu à peu son teint marmoréen, avait l'impression d'avoir du magma en fusion dans l'estomac, craignait que cela ne dégénère en un sulfatage dévastateur. Pas le moment de faire une coloscopie! Fallait vite se mettre à l'abri des regards : il se précipita derrière la ziggourat.
Vacances à la campagne la prochaine fois, se promit-il.
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No 6
NOUNOUOGG
C'est le lendemain de ses soixante ans qu'il subit une coloscopie. L'infirmière avait dû lui administrer jusqu'à trois laxatifs car il n'avait - bien sûr - pas pu renoncer ni au dîner gargantuesque que lui avaient confectionné ses amis, ni à son gâteau d'anniversaire : une gigantesque ziggourat de crème et de choux fourrés.
Vêtu d'une simple chemise d'hôpital ouvrant par l'arrière, il restait "en observation". Pris d'ennui vers vingt-trois heure et n'ayant pas de voisin de chambrée avec qui échanger des maximes, il s'avisa de lire un petit opuscule qui traitait exhaustivement du sulfatage. C'était sa fine reliure de cuir d'aspect marmoréen qui avait attiré son œil curieux, mais le contenu de l'ouvrage ne le déçut point pourtant. Au moins n'était-ce pas un magma informe d'idées empruntées... L'auteur prenait fait et cause pour son sujet et le menait tambour battant, c'en était émouvant.
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No 7
JAJA
Quel cauchemar cette nuit...
Je ne te raconte pas...
Si je te raconte mais pas exhaustivement ça prendrait toute la nuit, mais voilà l'histoire.
Je me suis retrouvé devant un buffet gargantuesque, style Club Med.
Connaissant ma gourmandise légendaire je n'ai pas résisté et je me suis empiffré comme quelqu'un qui n'avait plus rien avalé depuis une semaine.
Les gens autour de moi chuchotaient " il va éclater comme une baudruche celui la!! "
Quand j'ai senti que mes dents du fonds baignaient et que je ne pouvais plus rien avaler je suis rentré chez moi.
Voulant quelque peu éliminer et poussant comme pendant les douleurs de l'accouchement, rien, rien de rien.
Je fus obligé de consulter et après une coloscopie douloureuse on détecta un magma qui bouchait mon arrière train.
Après une boîte de dragées Fuca je ne te dis pas le sulfatage digne d'un épandeur à lisier.
Mais quel ne fût pas ma stupéfaction de constater que j'avais réalisé un magnifique petit édifice genre ziggourat marmoréenne de toute beauté, digne d'un grand sculpteur.
J'étais ravi!!
Comme quoi les cauchemars ont du bon! Je n'aurais jamais su que j'avais un don aussi bien caché.
J'ai noté tout mon aventure dans un petit opuscule que je te fais parvenir...
Bonne lecture.
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No 8
GROVER
Alors que je me promenais dans les chemins creux bordant les prés où mon oncle Philibert s’adonnait régulièrement à la taille de la vigne (terme dont j'appris bien plus tard qu'il s'agissait d'un euphémisme dont ce cher Tonton usait pour décrire ses galipettes avec Valentine, sa marmoréenne et gironde voisine), j'eus la surprise de trouver au sol un livret signé d'un obscur Arturo Copi.
Ce curieux opuscule m’intrigua de par sa facture, somme toute raffinée malgré les griffes du temps et de la météo, et l’incompréhensible motif de pyramide à degrés qui en ornait la couverture.
Son étrange titre "Des bienfaits du soufre dans les exploitations mytilicoles de Basse Asturies et de Sicile” finit de me rendre perplexe et de piquer ma curiosité.
Quel rapport pouvait il bien y avoir entre une Ziggourat Mésopotamienne et les moules d’Italie?
Voilà qui était de plus en plus surprenant!
Je pris l’objet sous mon bras et décidai de rentrer sans plus attendre afin de l’étudier au plus vite.
Mais à peine arrivé, l’heure de midi sonna. Et à la campagne, le repas, c’est sacré, pas d’échappatoire possible. Les sempiternelles et tant redoutées agapes gargantuesques auraient raison de moi, mais pas question d’y échapper, ne serait-ce qu’une fois…
Une fois remis d’une digestion laborieuse et somnolente, j’entamai le nettoyage et la lecture de l’ouvrage.
J’y appris comment les vieux paysans récoltaient le soufre sur les champs de magma régulièrement déversés par le Vésuve ou l’Etna, noms qui m’étaient alors inconnus mais ô combien évocateurs.
J’y découvris aussi les bienfaits du sulfatage (action de projeter un lait jaunâtre à l’aide d’une sorte de lance) sur la coloration et l’ouverture des susdits bivalves.
J’y découvris tout un monde dont je ne soupçonnais même pas l’existence.
Fasciné par tant de travail et d’érudition minéralo-marine, je dévorai le texte et les illustrations d’un trait.
L’auteur s’était, semble-t-il, donné pour mission de répertorier exhaustivement l’ensemble des méthodes et procédés de récolte, de production et d’épandage de ce “don des dieux”. Un vrai travail de romain, une œuvre de titan, quel coloscopie!
"Qu'est-ce que c'est que ce style de bouffer des petits machins tout secs et trois gallons de flotte par jour ? [...]
Si la jeunesse se met à croire à ces conneries, on se dirige tout droit vers une génération de dépressifs ! Le gras, c'est la vie."Karadoc - Livre II, Corpore sano
Si la jeunesse se met à croire à ces conneries, on se dirige tout droit vers une génération de dépressifs ! Le gras, c'est la vie."Karadoc - Livre II, Corpore sano

