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C'est ainsi que tout a commencé...
#2
Puisqu'il faut toujours que quelqu'un se lance quand personne ne veut prendre la parole, je vais commencer par mon histoire.

Mes plus anciens souvenirs de Myst sont flous. Mais avec un peu de logique, je peux sans doute arriver à reconstituer les choses. Je me souviens que j'ai véritablement fait l'acquisition de Myst et Riven avec la jolie boîte gris-bleu en carton souple : "Myst - Riven : 5e anniversaire", qui contenait entre autre un très joli petit carnet que j'ai salopé amoureusement gribouillé de tout un tas de notes au crayon de bois lors de mes explorations des différents jeux de la série. Mais je m'égare, car ce n'est pas ce que je voulais raconter.

J'ai donc acheté cette boîte quand on la trouvait dans le commerce en France, et si je me fie au fait qu'elle célébrait les cinq ans de Myst, ça devait être aux alentours de 1998 ou 99. Mais ma première plongée dans cet univers qui allait m'intriguer jusqu'à aujourd'hui s'était faite peut-être un an auparavant. J'avais donc sans doute entre 10 et 11 ans, et écrire cela aujourd'hui me paraît complètement surréaliste tant je vois ça loin. Mon petit frère devait par conséquent avoir quelque chose comme 7 ans, et ma cousine 12 ou 13. Je ne précise pas ça pour vous exposer en détails mes histoires de famille, mais bien parce que c'est en leur compagnie que j'ai entrouvert avec fascination et pour la première fois les pages de Myst.

Chez moi, je n'ai eu un ordinateur qu'assez tardivement, en 1999 si je me souviens bien, ce qui coïnciderait bien avec mon achat du jeu. J'ai découvert Myst chez mon oncle et ma tante. Mon oncle est dessinateur, et comme tout bon artiste qui se respecte, il avait dans son atelier un Mac, un bon gros cube ancienne génération. J'adorais cet atelier, je crois qu'indirectement c'est un peu grâce à lui que Myst m'a fasciné si vite. C'était une annexe de leur maison principale, et il fallait traverser le jardin pour s'y rendre. Le rez-de-chaussée du bâtiment était un débarras qui servait à accumuler beaucoup de choses diverses, des papiers, des bouquins, des magazines, des meubles et autres trucs en vrac. Je n'y suis jamais beaucoup rentré, car on pénétrait toujours dans l'atelier par un petit escalier extérieur en pierres qui aboutissait directement sur la porte de l'étage, la véritable antre de mon oncle. La porte s'ouvrait sur une pièce toute en longueur située sous les toits. Elle n'était peut-être pas si étroite que cela, mais l'abondance de livres, documents, dessins qui partout couvraient les étagères, le dessus des meubles et le sol ne laissait qu'un couloir assez étroit qui allait de la porte jusqu'au fond de la pièce. Quand on l'empruntait, on passait devant la très grande table à dessin couverte de crayons et d'esquisses. Mais ce qui nous intéressait, ma cousine, mon frère et moi, c'était l'ordinateur qui était tout au bout de la pièce. Il était dans un petit renfoncement, une sorte d'alcôve elle aussi bien entourée de bouquins et de capharnaüm. Quand on avait eu la permission d'utiliser l'ordinateur (ah, ce moment d'excitation vibrante disparu depuis si longtemps...), on se tassait dans le fauteuil, sur une chaise ou un tabouret qui traînait dans le coin, on allumait la bête, et on jouait, tous les trois, ce qui signifiait essentiellement que ma cousine était aux commandes et que nous deux, on regardait ça avec fascination. Je me souviens qu'on jouait pas mal à Lemmings, ce jeu où il faut sauver ces bestioles aux cheveux verts de leur propre stupidité en leur faisant construire des ponts et creuser des tunnels vers la sortie salvatrice, tout en évitant les pièges du décor. On jouait à Lemmings, on jouait à Worms, on a joué à un jeu dont j'ai tout oublié si ce n'est un étrange curseur en forme de fleur de lotus, et puis un jour on a commencé à jouer à Myst. Je crois que c'était mon oncle qui l'avait acheté pour lui, ou peut-être bien qu'on lui avait donné. Toujours est-il qu'un jour, on s'est retrouvé à parcourir l'île de Myst, à chercher des solutions dans ce monde bizarre où on ne comprenait pas grand chose. Je suis pratiquement certain qu'on n'est pas allé plus loin que l'île de Myst et qu'on n'y avait pas résolu grand chose. Ou peut-être que nous avions atteint Channelwood, mes souvenirs sont trop vagues. Je n'ai de toute façon pas l'impression qu'on y ait joué longtemps, mais la brèche était ouverte, la première graine semée.

Pratiquement en même temps, j'ai découvert Riven, qui devait être sorti très récemment. Ma cousine avait une Playstation, et elle avait récupéré le jeu auprès d'un ami qui n'avait apparemment pas du tout accroché et s'en était désintéressé. Inconscients héritiers de ce trésor, nous avons commencé une partie. Ces fameux 5 CDs, chacun d'une couleur différente...
Cette fois-ci, nous jouions dans la maison, dans un petit salon où il y avait un grand canapé-lit. Étendus dessus, plus ou moins assis ou à plat ventre, sur ou sous une couverture et dans la pénombre de la pièce, j'ai passé des heures pleines de cette petite magie qui vous prend au ventre quand vous explorez ces lieux pour la première fois. Je pense que nous n'avions qu'une vision très vague de l'histoire ou même de ce que nous cherchions à faire, je n'ai pas le souvenir que nous prenions des notes, on se contentait d'explorer et d'essayer de débloquer ce qui nous faisait obstacle. Toujours encadré par ma cousine aux manettes et mon petit frère, on discutait, on échangeait, on essayait. On avait un peu progressé, pas tant que ça, mais je me souviens distinctement que nous étions arrivé à l'île de la chaudière et jusqu'au labo de Gehn. Ces premiers instants de fierté et de joie quand vous trouvez la solution d'une énigme qui vous a bloqué un bon moment.
Quelques bribes dans ma mémoire : ce temps fou passé à chercher à comprendre le fonctionnement du télescope près de la cage et à tenter d'ouvrir la trappe situé en dessous (naïfs que nous étions...). Les fascinants voyages en maglev ou en wagonnet. La jungle de l'île principale. Les gros animaux sur les rochers de la plage. Le village. L'inquiétude latente et permanente, mais à la fois terriblement excitante, de tomber sur quelqu'un.
Je n'ai absolument aucune idée du temps que nous avons pu passer à jouer en tout, probablement finalement assez peu, peut-être même seulement quelques heures pendant quelques jours, et puis mon frère et moi on est sans doute rentrés chez mes parents, et Myst et Riven sont restés là. Et je les ai partiellement oubliés, ou plutôt rangés dans un coin de ma tête, jusqu'à ce fameux jour où j'ai acheté cette boîte 5e anniversaire...

Bon, ça fait déjà un bon petit pavé, si vous êtes sages je vous raconterai la suite, mes premières véritables explorations en solitaire de ces mondes fascinants...
Tell me about the rabbits, George.
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C'est ainsi que tout a commencé... - par L1ghtMyF1r3 - 14-11-2013, 12:34

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