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Tous les textes du jeu N° 5
#3
N° 11


Monsieur Houx était grand et costaud, sa silhouette, de loin, faisait penser à un mégalithe sur pattes ! Pour cela, certains le craignaient alors qu'il était aussi tendre qu'une cucurbitacée trop cuite !

Éric, mais tout le monde l'appelait Rick, était un homme de confiance, il n'avait jamais empapaouté personne et avec lui tout obstacle s’aplanissait comme par magie car il était aussi influent qu'un grand oligarque Russe.

Ses affaires marchaient bien, jamais la scoumoune ne s'était mise en travers de son chemin, il était chanceux, tout lui souriait.
Certaines fois, il me faisait penser à ces grands balbuzards très hauts dans le ciel, fiers, puissants courageux et libres.

Malheureusement il avait une faiblesse, Rick Houx aimait un peu trop le bon vin...

Et quand il me disait que j'étais balancée comme un Maillol ou que j'étais son Aphrodite, c'était sans contexte qu'il avait trop bu. Non pas que je fus laide mais l'abus d'alcool l'émoustillait et il fallait alors que je trouve un prétexte pour le fuir rapidement et ainsi éviter les embêtements.

Le lendemain, il avait tout oublié y compris le fait qu'il était rentré chez lui, ivre mort avec sa voiture ! Chaque fois j'étais étonnée qu'il ne lui soit rien arrivé ni qu'il n'ait croisé sur la route les gendarmes avec leurs ivressomètres, comme il se plaisait à les nommer !

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N° 12


-NooOoooOoooonnnnnnnnnN, j'peux pas, j'vous dit ! baragouina-t'il, en se frottant vigoureusement le nez.
- Monsieur, ayez l'amabilité de vous tenir droit et d'ôter votre main de mon épaule. Voilà, c'est mieux, constata l'agent, alors que le gars se relevait mollement. Maintenant, veuillez souffler dans cet ivressomètre, ajouta-t'il, en le lui tendant pour le seconde fois.
- Pas possib' ! Peux pas !
- Je pense que si. Il vous suffit de porter ce tube à votre bouche et de souffler de manière continue...
- C'est l'autre salope, là ! le coupa-t'il, Aphrodite de merde, tiens ! pleurnicha-t'il, la tête soudainement appuyée sur l'épaule du flic. J'ai la scoumoune avec les modèles, sergent. Elles posent, pi elles finissent toujours par me poser là, comme un pov' crétin, un mégalithe de la connerie qu'est tombé amoureux !!!
Les propos, entrecoupés de sanglots, étaient peu clairs, mais l'officier, rompu aux crises nerveuses et autres détresses alcoolisées, reconstitua l'essentiel du discours.
- Tout d'abord, je ne suis pas sergent, Monsieur, et bien que je puisse comprendre votre chagrin rien ne justifie le fait que vous ayez projeté un véhicule à 2 roues dans l'étal de ce primeur ! Je vais devoir vous conduire au Poste pour une prise de sang...
- Ha, ha, ha, ha, rigola le gars, l'air tout content de lui, j'ai concassé du cucurbitacée !! Que tous les primeurs de l'univers aillent se faire empapaouter !!! hurla-t'il, les poings levés. Je suis sculpteur, moi, Môssieur, sculpteur !!!!
Le type se redressa, passant un main dans ses cheveux pour les réordonner et n'y réussissant guère. Puis il pris la pose, une posture pleine de noblesse et de morgue, digne d'un oligarque russe couvert de quelques kilos de médailles, la main sur la poitrine, le regard inspiré, lointain. Bref, ridicule.
- Bien ! Lâcha le policier, dont le stock de patience arrivait visiblement à épuisement, vous êtes sous l'emprise de l'alcool, il est ...
- Wouuuuuuuuuuuhouuuuuuuuuuuuuuuu, quel sens de l'observation, ricana l'artiste, z'avez l'œil du balbuzard, dites-moi, colonel ?!!!
Ce qui ne fit toujours pas rire notre inébranlable gardien de la paix qui finit par charger l'énergumène dans sa voiture.


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N° 13


Des légumes et des dieux

Il était une fois, dans un pays lointain
Un vieil homme adorant les cucurbitacées
Potirons et melons peuplaient son potager
Calebasses et citrouilles habitaient son jardin

Des couleurs, des odeurs, des formes par milliards,
Pastèques et cornichons, patissons, courgerons,
Concombres, coloquintes et courgettes à foison
Tel était fait l'Eden de l'auguste vieillard.

D'une courge surtout il était amoureux
C'était un mégalithe, un légume divin
Une merveille, un chef d'oeuvre, un trésor enfin
Un énorme joyau, la prunelle de ses yeux

Mais un beau jour, sous la forme d'un balbuzard
Le grand Zeus, roi des Dieux, survola ce légume
Vexé par sa beauté, il hérissa les plumes
Jaloux et humilié, il s'en fut, revanchard.

Il retrouva l'Olympe et les onze autres dieux
et leur narra bien vite ce qu'il avait vu :
on vénérait sur terre une idole joufflue,
un légume géant, orange et plantureux.


Les divins oligarques en furent forts marris
Aphrodite surtout pleura. Ô, la pauvrette...
A ses formes girondes, à ses courbes parfaites
Pouvait on préférer cette courge ennemie?

Il leur fallait détruire ce légume orgueilleux
La décision fut prise d'un commun accord
Sitôt dit, sitôt fait, Zeus foudroya alors
la courge gigantesque. Et s'ouvrirent les cieux!

Effrayé par l'éclair, le vieillard sursauta
Il se leva bien vite et ouvrit sa fenêtre
Comme il avait trop bu et que l'ivressomètre
atteignait des sommets, d'abord, il n'y crut pas:

Plus de courge, plus rien, rien qu'un sol calciné!
Ce n'était pas possible, c'était incroyable
Un jardin si fertile et une terre arable
en un instant détruits, anéantis, brûlés!

Pourtant c'était bien vrai... La courge n'était plus
Le vieil homme pleura, hurla son désespoir
S'épancha en insultes et cris blasphématoires
Versant des larmes sur son bonheur disparu

Plus tard, il réfléchit... Vivre sans jardiner
Lui était impossible. C'était trop douloureux
Mais il serait puni par les dieux orgueilleux
S'il plantait de nouveau des cucurbitacées.

Il eut alors l'idée de travailler caché
Il était observé, surveillé par les dieux
Soit! Il cultiverait donc à l'abri de leurs yeux
Il tenait sa vengeance, il en fut consolé.

Alors l'homme planta des légumes racines
Navets, carottes, oignons, choux-rave et salsifi
Ail et rutabaga, tubercules, radis
Et un topinambour aux proportions divines

Du ciel, pas de légumes, rien à signaler
et les douze olympiens n'y virent que du feu.
Quant au cultivateur, il était fier, heureux
de les avoir ainsi tous empapaoutés

Mais hélas! Le vieil homme n'en avait pas fini...
Il avait la scoumoune, et son jardin sous terre
attira l'attention d'Hadès, dieu des enfers.
Son topinambour fut donc vite anéanti...



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N° 14


[Image: 20221204174907-6271f2bf.png]


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N° 15


En terme de sordide, la chambre de l’hôtel miteux n’avait rien à envier au quartier lugubre des docks de cette zone industrielle au bord du Saint-Laurent.

« Tu sais, j’ai vraiment très peu d’expérience », dit Lison. « Tout juste si je ne suis pas encore pucelle ».
« Ne t’inquiète pas », lui répondit Mike, « la mienne est comme un bébé ».

Les murs de l’hôtel se souviendront encore longtemps du long cri d’horreur poussé par la jeune fille, lorsqu’elle ressortit de ce qui faisait office de douche.
Probablement qu’une ou deux fissures s’étaient agrandies, que quelques morceaux supplémentaires de plâtre s’étaient détachés et que le papier peint s’était encore un peu plus décollé sous la stridence de son hurlement.

Le taulier avait même soufflé dans l’ivressomètre pour s’assurer que le bruit déchirant qu’il avait perçu n’était pas le résultat d’une consommation abusive de l’alcool bon marché qu’il achetait aux trafiquants du coin. Visiblement non ; il n’avait que 3 pour mille cette nuit.

Mike n’avait pas l’air de comprendre. « Ben oui quoi, comme un bébé, 49 cm, 2 kilos 950 grammes »

Qui aurait pu imagine, en examinant sa silhouette si élancée, si racée, sa manière de se déplacer aérienne comme un balbuzard qu’il cachait dans son futal un mégalithe et des cucurbitacées de cette taille.
Nul doute que dans ce domaine, ce devait être un oligarque.

Lison ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle s’était fait empapaouter sur ce coup là (au sens figuré du terme, heureusement) et que, définitivement, elle avait la scoumoune avec les mecs.

Impossible de croire qu’elle pourrait être une Aphrodite ce soir, même pas une dont on fait les pipes si estimées.

Elle prit la seule décision qui s’imposait. Elle envoya Mike sous la douche, et dès qu’il commença à faire couler le filet d’eau rachitique, se rhabilla en toute hâte et pris ses jambes à son cou.

La brume qui recouvrait le quartier était si dense que même un bucheron du grand nord aurait eu de la peine à la débiter à la tronçonneuse. Elle en fût plus rassurée qu’inquiète. Personne ne saura par où elle s’était volatilisée et on ne la retrouvera pas.

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N° 16


- Rayon 13, Étagère 24, casier 1 : un balbuzard empaillé en bon état sur son socle portant une plaque de cuivre gravée du texte : Balbuzard pêcheur, Ontario, Canada.
- C'est quoi l'Ontario ? demanda le gamin en levant le nez de son registre.
- Une région de l'ancien pays que l'on appelait Canada. En fait une zone géographique délimitée par l'administration.
- Et pourq..., commença le gosse.
- Non, plus tard, petit, plus tard, il faut finir ce rayon aujourd'hui. On ne sait pas quand les pluies dévoreuses vont recommencer.
- Oui, Prof !
- Casier 2 : Calebasse ciselée de motifs abstraits, portant une étiquette de carton notée : cucurbitacée séchée du Mali servant de gourde. Casier 3 : cristal de roche non taillé provenant de …
- C'est quand qu'on s'occupera de la grande salle ? Je voudrais bien revoir la statue de la femme, Prof, celle à côté des gros cailloux.
- L'Aprhodite ? Hum, je comprends qu'elle t'ait plu, c'est certainement l'une des plus belles œuvres de cet entrepôt. Quant aux "gros cailloux" que tu sembles mépriser, jeune homme, sache qu'il s'agit de mégalithes du néolithique, provenant de Corse à mon avis, car leurs visages...
- Ouais, mais la femme, quand est-ce que je pourrais la revoir ? le coupa-t'il encore.
- Oh, oh, mais quelle impatience ! pouffa le vieil homme.
Prof, s'interrompit soudain, semblant écouter avec attention.
- Tu n'entends rien ? demanda-t'il, pressant.
- Non, rien, répondit le gamin tout en se levant pour s'approcher de la porte de la grande salle de stockage. Vous entendez quoi, vous ?
- J'ai juste eu l'impression d'entendre des cris. Je redoute la venue des sauvages, ils ont attaqué le campement 2 fois ce mois. Ils ne pourraient rien faire de tout ça mais ils aimeraient certainement le détruire. Ce sont des brutes sans âmes.
- Amil et Prao gardent l'entrée, Prof. Ils nous auraient prévenus, vous savez, dit-il d'un ton rassurant. Même si Amil doit encore être imbibé d'alcool de tubercules, ajouta-t'il en souriant.
- Oui, pas besoin d'ivressomètre pour savoir que ce gaillard a bien fêté la naissance de son premier petit. Un petit sans malformations !!! Quelle joie pour tout le clan ! C'est important, les enfants, c'est vrai... mais je voudrais tellement que ces œuvres soient protégées, gardées de toute agressions, celles des hommes ou celles du temps, déclara le Professeur en tournant sur lui-même et en désignant les centaines de boîtes et casiers rangés sur les rayonnages. Je bénis mille fois celui qui a rassemblé tout ceci.
- Encore, oui ! C'est un saint, un génie et tout et tout, plaisanta le gamin.
- Ne ris pas, Pyer. Je peux bien t'expliquer ce qu'est une région, une démocratie ou un oligarque mais il FAUT que tu vois les masques Yoruba, les libellules, les vitraux et toutes les merveilles rassemblées ici. Tu comprends ?
- Oui, Prof, oui, je sais, acquiesça le gamin d'un air grave. Mais nous n'aurons jamais le temps de tout voir. Le chef voudra quitter la région dès que le froid et les pluies dévoreuses reviendront.
- Qu'il aille se faire empapaouter !!! Je resterai ici ! Je ferai des réserves de nourriture, je camperai seul tout l'hiver, répondit-il avec véhémence.
- Et les sauvages ? Ils viendront vous tuer dès que nous serons partis !
- Tais-toi ! lui intima le professeur. Tu vas me porter la scoumoune. J'ai survécu à la bombe, aux cieux embrasés, au long hiver, à la faim et à la solitude que tu n'as pas connue. Ici parmi toutes ces choses, je serai comme au paradis. Ne vois-tu pas ce que les hommes ont fait de beau, de grand ? Ne ressens-tu pas la joie que procurent ces merveilles de la nature ?
- Si, Prof, et je resterai près de vous cet hiver, affirma-t'il tranquillement.
- Merci, petit, merci, lui-dit le vieil homme en tirant une nouvelle boîte à lui.


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N° 17


Francesco Loscopi, qu'on appelait parfois Le Mégalithe à cause de son imposante carrure, était de ceux qu'on n'empapaoute pas impunément. Oligarque imprimant sa griffe de fer sur toute la Sicile, il avait tout du rapace implacable. Tantôt aigle, tantôt vautour, tantôt balbuzard (car d'aucuns disaient qu'il avait beaucoup péché), il était un oiseau de proie craint et respecté.

Mais Francesco n'était pas qu'une brute épaisse, et sans doute devait-il sa part de douceur à sa femme de toujours, Dakota, qu'il avait rencontrée et emmenée avec lui alors qu'elle était dans la fleur de l'âge, à 11 ans et demi. Celle-ci était la part de tendresse que Francesco avait cherché de nombreuses nuits, après avoir descendu trois types et deux bouteilles de whisky. Quand il sentait qu'il avait dangereusement dépassé les limites autorisées par un ivressomètre défectueux, il marchait d'un pas décidé d'ivrogne vers sa demeure où il savait que sa Dakty chérie lui aurait mijoté une bonne soupe dont elle avait le secret, et dans laquelle il trouverait de quoi éponger son ivresse et sa peine. Quand son Aphrodite ne s'affairait pas à cultiver les cucurbitacées du potager, elle cousait, passant derrière lui pour s'occuper du trou de balle qui ne manquait pas de décorer ses habits après un corps-à-corps particulièrement âpre avec un adversaire.

Mais le destin est parfois retors et la scoumoune, qu'il combattait pourtant avec un nombre incalculable de bibelots porte-bonheur, finit par trouver son chemin jusqu'à Francesco. Ce fut sa Dakty aux doigts d'or, en dépit de sa grande application et de sa faible implication, qui provoqua sa perte. Un beau jour, on retrouva en effet ses empreintes sur un concombre dont s'était servi son mari lors d'un règlement de compte particulièrement obscur.


(Extrait de : LES MEMOIRE DE FRANCESCO LOSCOPI, 1er couteau de la COSA NOSTRA, sa vie, son œuvre.)

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N° 18


Acte I
Scène 1
Madame de Beauravis, Cléonte, des convives


Madame de Beauravis
On dit qu'à l'apparence on ne peut le connaître
Qu'un regard aiguisé ne peut le dévoiler
Mieux que l'homme aviné brûlant l'ivressomètre.
Les ténèbres le drapent, et sa face masquée,
Sortie à n'en douter de quelque bal bizarre,
Laisse voir en ses yeux l'âme du balbuzard.

Cléonte
Ma douce, je crains bien que vous vous enflammiez
Pour un fantasme obscur, un héros triomphant
Qui ne peut s'épanouir en dehors des romans.
S'il ne faut que cela pour que vous vous pâmiez
Je puis me déguiser en romantique mage
En chevalier d'airain, en terrible oligarque
Rien ne m'est plus aisé qu'altérer mon image
J'ai, vous le devinez, plus d'une corde à mon arc.

Madame de Beauravis
Sous son manteau de suie c'est un esprit habile
Intraitable et rusé ; ils étaient mille à croire
Pouvoir déjouer le Masque, éteindre cette gloire
Qu'ils pensaient usurpée. Hébétés, immobiles
À la déclaration de l'homme sans visage
Ils se sont effacés, soudain devenus sages.

Cléonte
Je veux, mon Aphrodite, et ce bien qu'il m'en coûte
Éteindre en votre cœur ce rêve qui vous ronge
Tout n'est qu'imaginaire et tissu de mensonges
Un mirage grossier qu'il me faut mettre en doute
Je le vois s'éloigner de son pas emprunté
Un mégalithe obtus forgé de fatuité
Ma chère, allons toiser celui que l'on ne nomme
Car sous tout ce mystère est bien caché un homme.

Madame de Beauravis
Idiot, mais quelle idée de l'empapaouter !
De vous, il n'a que faire, c'est à n'en pas douter,
Votre unique profit sera le ridicule.
S'il vous ouvre les yeux, vous prendrez du recul :
Allez-y, mais sans moi, je ne me résous pas
Dans une même sottise à marcher sur vos pas.

Scène 2
Cléonte, le Masque


Cléonte
Je m'en excuse, Monsieur, n'y voyez rien de mal
Mais votre aura me pousse à venir vous parler.
De loin je vous ai vu, dans la foule animale
Émerger tel un roi de l'oisive mêlée,
Comme porté plus haut par des valeurs plus sages
Dédaigner sans remords les êtres de votre âge.
Cachez-vous sous ce loup votre dédain du monde
Ou est-ce simplement la face rubiconde
D'un grand homme exalté par un autre destin
Que celui si banal des simples êtres humains ?

Le Masque
Bin non, c'est juste que, comme j'avais de l’acné
J'voulais pas que ça fasse trop cucurbitacée
Alors je m'est caché sous ce vieux truc de teuf
J'me suis dis que comme ça j'pourrai serrer des meufs.
J'avoue, c'est pas trop top avec mon look metal
Mais quand t'as la scoumoune et des chtars sur la peau
Faut bien trouver des trucs pour essayer d'pécho.
Par contre hey tu l'dis pas, tu fais pas ton chacal !

Scène 3
Cléonte, Madame de Beauravis


Cléonte
J'ai manqué de respect, ma mie, à votre égard
En ayant méprisé votre avis clairvoyant.
L'homme s'est exprimé en un dialecte rare
Témoignage certain d'un esprit de haut rang.
Si je n'ai pu avoir dans notre court échange
L'entière appréhension de son intelligence
Je mesure malgré tout l'étendue de ma chance
Et rachète ma faute en sincères louanges.

Madame de Beauravis
J'ai bien du mal à voir, ici, mon cher Cléonte
Ce qui vous le fait dire : la franchise ou la honte.
On admettra sans doute, un jour, comme il se doit,
Que mon regard toujours est plus juste qu'on croit.



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N° 19


Le service était terminé, la cuisine désertée. Debout, seul au milieu de ses fourneaux refroidis, il restait immobile, savourant la tranquillité des lieux après l’effervescence de la soirée. Pensif et déterminé, cet oligarque de la gastronomie se remémorait les événements des dernières semaines.

Il avait eu la scoumoune. La visite du service d’hygiène avait failli le détruire. Il lui fallait encore déterminer si la montée de la température de la chambre froide provenait d’une négligence ou d’un acte délibéré. Il penchait plutôt pour la seconde hypothèse. La descente des inspecteurs le lundi matin ne pouvait pas être le fruit du hasard, pas plus que la profusion d’articles assasins parus dans les médias dès le lendemain.

Mais il était solide comme un mégalithe. Il s’en relèverait et sortirait plus fort de cette épreuve.

Ils pourront aller se faire empapaouter, ces charognards, ces rapaces, ces balbuzards qui s’en étaient pris à ses étoiles et à ses toques.

Pour la réouverture, il avait convié l’élite de l’art de la table.
En entrée, le velouté de cucurbitacées avait fait l’unanimité. La suite ne fût qu’un enchaînement de commentaires dithyrambiques sur la qualité, la saveur et l’inventivité de ses préparations. Toute l’équipe, qui lui était fidèle depuis tant d’année, avait donné le maximum pour que cette soirée fût un triomphe. Son dessert, « Les délices d’Aphrodite », avait conquis les derniers sceptiques.

Le sommelier, de son côté, avait fait ce qu’il fallait. Les pandores se seraient frotté les mains s’ils avaient fait souffler les convives dans l’ivressomètre à la sortie du repas.

Le Chef était heureux. La cuisine c’était sa vie, donner du plaisir aux hôtes sa satisfaction, les goûts et les saveurs sa religion, les beaux produits son crédo.

Après cette soirée personne ne tentera plus jamais de l’en priver.


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Tous les textes du jeu N° 5 - par reekoo - 12-10-2012, 10:13
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