12-07-2010, 01:25
N° 11
Il était une fois une princesse blatte qui vivait dans un château très loin, très très loin.Et donc, tout le monde s'en foutait parce que, justement, c'était loin.
Par contre, tout près, vivait une gerboise alcoolique que les gens aimaient bien malgré son haleine chargée. Du matin au soir, elle faisait la tournée des troquets, enfilant les p'tits verres de Fernet-Branca.
Elle portait, été comme hiver, un gigantesque sombrero, orné de petites saucisses cocktail qu'elle achetait tous les matins à la superette. Personne n'a jamais su pourquoi. Le seul à lui avoir posé la question fût un touriste Danois, un jour. Mais comme la gerboise lui répondit dans sa langue et que le danois on n'y entrave que dalle, on ne saurait vous détailler les propos échangés.
On soupçonna longtemps que la gerboise vivait de ses rentes puisqu'elle n'avait apparemment aucune activité rémunératrice. Elle avait cependant toujours de l'argent sur elle, les jours pairs en petite monnaie, des piécettes reluisantes qu'elle exhibait fièrement en expliquant qu'elles les avait briquées au dentifrice.
Les autres jours, c'était de gros billets, rangés dans un paquet de Maïzena.
Évidemment avec tout le temps libre qu'elle avait, la gerboise passait de longues heures à lire ou à regarder les chaînes culturelles. Elle était fort érudite.
Les petites vieilles qui faisaient les mots croisés du journal ne manquaient pas de s'adresser à la gerboise pour les définitions les plus difficiles. On découvrit ainsi l'existence des mots « permafrost » ou encore « insécable », ce qui éleva sensiblement le niveau de vocabulaire de la région toute entière.
Un jour, vers 17 heures, elle expliquait quelques grands principes de la physique moderne à un représentant en épépineuse à groseilles totalement subjugué :
« - Quatorzièmement, la concavité du tissu temporel... »
lorsqu'elle fût interrompue par un pigeon voyageur qui se percha sur le comptoir. Il lui piqua une ou deux fois la tête du bec et, étrangement, ne roucoula pas. Non, il sonna : dring, dring !
Aucunement surprise, la gerboise s'en saisit et le colla à son oreille.
Les clients du café, polis, s'écartèrent pour lui laisser un peu d'intimité mais ils entendirent tout de même quelques bribes de la conversation. Et l'on su, plus tard, qu'il avait été question de « réactivation de la cellule 17 », de « gaufrettes à l'abricot » et de « Sihks nauséabonds »
De ce jour, on ne vit plus que rarement la gerboise. Elle, autrefois totalement sédentaire, ne refit que de courtes réapparitions entre deux voyages vers des contrées bien trop éloignées pour qu'elles nous intéressent.
Personne ne connut jamais le sens du mot cryptocommuniste.
Et c'est quand même bien dommage.
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N° 12
Seize heures, tenir jusqu'à seize heures. Tenir jusqu'à ce que la crête rocheuse qui me surplombe daigne enfin dévorer l'obsédant visage du bourreau de lumière qui me torture depuis midi. Midi dix-sept, précisément.N° 12
La preuve n'est pas dans les livres saints ni dans les paroles des prophètes, pourtant en cet instant ma tête ivre de soleil n'est plus convaincue que d'une chose : Dieu existe.
J'ai imprimé mes semelles sur la surface du globe, et j'ai vu au fil de mes périples des tableaux insensés dépeints par la nature, de ceux qui dépassent le talent des hommes mais dont l'orgueil les fait d'instinct penser qu'un Supérieur à leur image en est le créateur. Dieu n'est pas dans les vagues noires de l'océan en transe ni dans celles, jaunes et ocres, des déserts de sable. Il n'est pas dans le permafrost des terres arides aux murmures blancs qui s'étendent à l'est, ni dans l'étalage indécent de la palette des verts des forêts tropicales. La vie n'a pas attendu le doigt du Créateur pour donner aux poissons-vipères la permission des abysses, pas plus que la minuscule gerboise n'a besoin du conseil divin pour conquérir les sables torrides du Sahara. Et Dieu se fout du monde, de vos prières, et ne prête pas plus attention au gosse pouilleux des favelas de Rio qu'à l'agent cryptocommuniste infiltré en Corée du Sud, à l'aborigène aux pieds nus du bush australien, au richissime connard dans son palace d'illusions, à la môme qui vend des hamburgers à New York, Dehli ou Prague, au vieillard analphabète rendu sédentaire par ses jambes dévorées par l'âge, au petit pion interchangeable qui se demande, derrière son bureau du troisième étage, s'il est bien nécessaire d'ajouter ce quatorzièmement à son rapport.
Dieu se fout de vous, mais Dieu s'ennuyait et s'est penché sur moi.
La fatalité aurait pu faire goûter à un homme une chute de six ou sept mètres dans une crevasse rocheuse, broyer sa jambe droite jusqu'au genou sous une demi-tonne de roche et le laisser rendre l'âme ainsi ancré, le dos contre un sol haché par un chaos des pierrailles, sous un soleil de plomb. Mais seule la main d'un être supérieur a pu vouloir protéger à mon poignet, sans la moindre rayure, le petit disque de verre et son obscène tic-tac qui me fournit, depuis plus de quarante-deux heures, le minutage précis de mon calvaire.
Brille, brille, c'est ça. Venge-toi de mon impiété. Fais moi sentir, à travers les cellules agonisantes de mon épiderme, combien je mérite mon sort. Treize heures cinquante-cinq minutes. Vingt secondes. Vingt-et-une. Vingt-deux. Combien encore jusqu'à ma mort ?
Hier, à cette heure-ci, il me semble que je me battais encore pour dégager ma jambe. Les nuages masquaient alors en une insécable toile le disque solaire, me laissant à l'abri des aiguilles de feu durant toute la journée. Comme pour mieux me concentrer sur la douleur, et sur ce combat perdu d'avance. Dégager ma jambe, enfin ce qu'il en restait, et puis tenter de marcher, gagner une route. Trouver quelqu'un. Hier, à treize heures cinquante-cinq, j'y croyais encore. Durant la nuit, l'épais tissu des nuages s'était déchiré, et depuis l'aube l'harassante étoile travaillait avec acharnement à l'évaporation minutieuse des fluides de mon corps. Tenir, jusqu'à seize heures. C'est à ce moment que devrait s'amorcer la disparition de l'astre derrière la masse rocheuse qui me domine. Ainsi, la concavité de la paroi étendra son ombre à ma tête, mon buste, ma taille, ma jambe, et le rocher, et alors je pourrai commencer à travailler. Il faudra d'abord tailler la pierre, je sais déjà laquelle. L'aiguiser, en faire une lame qui découpera la toile brunie de sang de mon pantalon, et qui me masque encore ce que je ne me résous toujours pas à voir. Mordre ensuite la chair. L'os, peut-être, mais je le crois déjà brisé. La douleur n'est qu'un message délivré au cerveau. Oublier le messager, et faire ce qui doit être fait. Je ne peux plus attendre. Seize heures, tenir jusqu'à seize heures.
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N° 13
N° 13
Insécable cryptocryptude
Ce retrait de soi que je jette en passant dans ma cellule,
pour ne pas dire ce mal latent, le cryptocommuniste bulle,
concavité qui n'espère plus rien de ses pâles initiatives,
seulement quelques bribes inutiles de peines abusives,
doux poème de gerboise apeurée s’enfuyant
dans un silence assourdissant.
S'en tenir au crépuscule, à ses peurs d'enfants,
le temps rattrape toujours les mots impatients.
Combien de ces mots depuis le temps
dix, onze, douze, treize, quatorze,
peut-être quatre orzes
Quatorzièmement, dans ce va et vient incessant,
quand approche l'esquive
d’une rime grivoise, un vers le soutenant,
permafrost de ce jeu sibérien, insécable intemporel,
le poète dévoile ce qui n’est qu’apparence,
comme une consolation de cette mélancolie oisive,
sédentaire et végétative.
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N° 14
- Cryptocommuniste ?N° 14
- Je ne pense pas, la politique en tant que telle ne l'intéresse pas, même s'il a approché des cellules anarchistes. Mais quatre ans en URSS, il a des relations, c'est certain. Sédentaire. Salaire de misère, il travaillait la journée comme serveur dans un troquet près de la Moskova. Il a logé deux ans et demi dans un petite chambre de bonne dans la banlieue sud, avant de s'installer tout aussi chichement chez un ami en centre ville. Mais je doute...
- Vous doutez beaucoup, Salim. Dans le fond, je me fous de savoir qui il est et ce qu'il sait. Je sais une chose, en revanche : notre cher ami aurait dû passer l'arme à gauche il y a un mois de cela ; au lieu de ça nous sommes assis là, à nous demander où il peut bien gambader à l'heure actuelle. Je vous ai confié l'opération « gerboise du permafrost », vous aviez trois hommes avec vous, et par je ne sais quel miracle vous vous débrouillez pour le manquer.
- Il a pu être blessé. Il s'était plaqué contre la paroi, dans une espèce de concavité de la roche. C'est sans doute pour ça que...
- J'ai lu votre rapport, Salim, ne me refaites pas le film. J'ai lu vos formules alambiquées, vos "tout d'abord" et vos "quatorzièmement", où vous tentez simplement de masquer que vous avez merdé. Je vous laisse une chance, c'est la dernière. N'oubliez pas Salim, nous sommes liés, nous formons une petite famille, un lien fraternel, insécable nous unit pour le meilleur et pour le pire. Je sais que si vous échouez on ne me fera pas de cadeau, mais avant d'en arriver là je m'assurerai de vous faire bien comprendre... l'étendue de ma déception. Me suis-je bien faite comprendre ?
- Parfaitement Madame.
- Bien, alors au boulot.
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N° 15
Imaginez-vous devant un mammouth de quelques 3m75 de haut ! N° 15
Cet animal mythique sédentaire a alimenté les légendes les plus fantastiques sur son sort.
Les expéditions scientifiques conduites notamment dans le permafrost Sibérien par des cryptocommunistes avertis ramenant des ossements ont permis de considérer le mammouth, non plus comme une créature mythique mais comme un animal ayant bel et bien existé.
Grâce à des pièces insécables, des ossements, des reconstitutions, des représentations artistiques… l’exposition vous emmène au temps des mammouths laineux il y a 20 000 ans.
Différents thèmes sont abordés :
premièrement son environnement,
deuxièmement son alimentation à base de gerboises et de cervoises,
troisièmement son anatomie,
quatrièmement sa croissance,
cinquièmement sa reproduction,
sixièmement le climat où il a vécu,
septièmement la végétation
huitièmement la faune
neuvièmement la cohabitation avec l'homme,
dixièmement la source de nourriture pour l'homme
onzièmement l'utilisation de la concavité des défenses du mammouth pour l’habitat,
douzièmement la collecte des os pour l’artisanat
treizièmement la fabrication de bijoux à base de mammouth
et quatorzièmement la disparition de l’espèce et l’éventuel clonage de ses cellules.
![[Image: 20221204172811-251cd6e0.jpg]](https://www.ufo-3d.fr/gallery/upload/2022/12/04/20221204172811-251cd6e0.jpg)
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N° 16
Les récits de voyage du grand explorateur Pataquès
… et pour conclure mes aventures dans cette contrée oubliée du grand Nord, je vais vous parler brièvement de mon retour vers la civilisation.
Il fut épique, sachez-le, car votre serviteur a bien faillit finir ses jours au fond d’une cellule décrépie de la capitale et tout ça pour soit disant le vol d’une gerboise à un gamin !!!!!
Comment une petite bête aussi fragile pouvait bien tenir le coup dans ces contrées inhospitalières, en permafrost continu, est encore aujourd’hui un mystère pour moi !
Deux jours après mon arrestation, un des gardiens patibulaires et que je soupçonnais d’être un cryptocommuniste, m’apporta enfin à manger ! Enfin, à manger c’est beaucoup dire : un quignon de pain rassit qui foutrait les derniers chicots d’un pauvre hère en l’air, insécable, immangeable et de l’eau croupie à faire passer les dragées fuca pour une plaisanterie ! Bref, serrage de ceinture pour moi ! Plutôt mourir !
Le lendemain, mes geôliers se décidèrent enfin à me sortir de ma concavité si accommodante pour me faire la lecture de l’acte d’accusation. Je vous passe la longue litanie des arguments et autres articles du code civil, moi-même ayant somnolé la plupart du temps. Ce n’est qu’en entendant le juge prononcer d’une certaine manière le « quatorzièmement » que je sus mon calvaire proche de la fin.
Je n’avais plus qu’à entendre la sentence, mon avocat commis d’office et ne comprenant pas ma langue ayant fait preuve d’un zèle proche de zéro, je me disais « t’es foutu mon petit père ! Toi le grand voyageur, tu vas être condamné à devenir sédentaire dans une pièce de 2 m² »
Et bien, les miracles existent ! Si, si… Avant que le juge ne termine sa phrase, une virago défonce quasiment la porte du tribunal en tenant par l’oreille le gamin propriétaire de la gerboise ! Celui-ci se démène furieusement et essaye d’échapper à la vigilance de sa gardienne mais celle-ci a, d’après ce que je constate, la poigne aussi solide qu’un lutteur de sumo. Elle hurle alors dans leur dialecte si élégant que le gamin a menti, que l’étranger n’a rien volé mais que son fils a mangé son animal la veille de mon arrestation « pour goûter » dit-elle ! J’en aurais pleuré de joie mais encore fallait-il que le gamin avoue au juge !
Je ne sais si c’est le lieu dans lequel nous nous trouvions, la mise impressionnante du juge ou si c’est la crainte de voir son oreille s’allonger définitivement sous les doigts de sa mère mais au bout de dix minutes, il avoua tout et je pus enfin reprendre mon souffle.
Je fus relâché dans la minute et je pense que c’est la première fois que j’ai quitté aussi vite un pays de ma vie ! Tout avait si bien commencé six mois auparavant, des rencontres exceptionnelles, des animaux magnifiques et des paysages à couper le souffle qui m’ont fait oublier le froid permanent et tout cela a faillit être gâché par les découvertes culinaires d’un morveux boutonneux !
Moralité : en voyage, rester prudent, tout peut vous arriver, le pire comme le meilleur.
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N° 17
N° 17
Le portrait
La touche est délicate, le teint diaphane, la gamme chaleureuse : de belles lumières orangées sculptent le visage, le font émerger du fond noir. Les lèvres sont épaisses et sensuelles, deux pétales naccarats; bouche de sainte et de putain, capables sans doute d’offrir au sein d’un même baiser les parfums éthérés des anges et la lourde fragrance de Messaline. Une étrange crispation des mains, presque imperceptible, contraste avec la sérénité du visage : les longs doigts fins enserrent plus qu’ils ne caressent un petit rongeur exotique aux yeux clos, et l’on a peine à savoir si cette gerboise, prise dans l’écrin de ces deux mains si délicate, repose sous le manteau d’Hypnos ou sous celui de son jumeau.
Au centre des orbites, légères concavités marquées d’une ombre douce, les yeux sont d’un gris froid, tirant légèrement vers ce vert que l’on nomme céladon. Le regard est inexpressif et perdu dans le vide.
L’ombre des cils ourlés cèle sans doute un secret à la lumière qui frappe de plein fouet le visage. De même, dans le pays ou naquit cette damoiselle, lorsque l’été le soleil darde ses rayons, la terre garde en son cœur le plus précieux de ses trésors : la glace éternelle, le permafrost, l’eau condamnée à ne jamais courir. C’est cette eau pétrifiée qui noie le cœur de la jeune femme, qui la fait suffoquer, qui lui fait entrouvrir les lèvres pour laisser échapper un léger soupir, un frémissement qui se veut un « A l’aide » et qui n’est qu’un Adieu. C’est une lame insécable qui déchire ses entrailles, c’est le vent qui murmure ce qu’elle veut oublier, c’est l’éternelle morsure, amère et douloureuse. Seuls peuvent comprendre ceux que les Erinyes poursuivent sans relâche, ceux qui vivent dans l’ombre de leurs ailes déployées : il existe entre eux une triste connivence : ils se reconnaissent d’un regard, se font signe, esquissent un timide sourire, puis s’en retournent à cette algie qui pèse perpétuellement sur leur âme ; le fardeau de ceux qui regrettent.
Et c’est cette affliction commune qu’a reconnue le petit préposé à l’inventaire des tableaux : un petit fonctionnaire à la face un peu laide, au nez un peu trop gros, à l’âme un peu trop fruste. Cet homme ordinaire, qui n’a jamais voyagé, ce sédentaire né connaît pourtant l’errance, l’exil, la solitude des âmes qui n’oublient pas ce qu’elles ont fait un jour.
Après la révolution, portée par le soudain réveil, fulgurant, des masses cryptocommunistes, une politique iconoclaste a été mise en place : on connaît trop bien les ravages de l’art au sein d’une âme peut être trop sensible, ou bien –scandale- trop libre. Le petit préposé déambule donc patiemment dans les couloirs déserts de l’ancien musée, dressant consciencieusement l’inventaire des merveilles vouées à l’autodafé. Mais devant la jeune fille, devant ces deux mains dont la légère contraction raconte tant de choses, il reconnaît le léger bruissement des rémiges d’Alecto, Tisiphone et Mégère, il aperçoit leur ombre et l’éclat de leurs yeux. Alors il se dirige vers le tableau suivant, et note :
Quatorzièmement, un paysage nocturne, de facture classique. Auteur inconnu.
Puis il revient en arrière, et se saisit de la toile sur laquelle jadis l’on peignit, peut être sans la voir, cette douleur si vive, et, avec toute la délicatesse dont il est capable, il marche d’un pas lent à travers le musée, et monte les escaliers poussiéreux, vers le grenier, ce royaume des épeires, cette cellule grisâtre et protégée du monde. Il sait que personne n’y viendra avant des années, et, une fois parvenu à son but, il dépose doucement la toile contre le mur, face contre la cloison, le châssis apparent : les yeux cachés à ce monde qui jadis les fit tant pleurer. Sa sœur de douleur, endormie, enfin.
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N° 18
Libre comme le vent et versatile comme une gerboise, il allait de cellule cryptocommuniste en meeting néo-libéral avec une insécable constance jusqu'au jour où il fût arrêté par un shérif chaleureux comme le permafrost. Celui-ci lui débita une litanie de chefs d'inculpation dont un retint son attention : "... Quatorzièmement, les SDF ne sont pas les bienvenus dans cet état !". Devenu sédentaire par la force des choses et de la loi, il médite depuis sur la concavité des murs de sa cellule. N° 18
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N° 19
N° 19
Journal d'un Homo "Sapionce"
J'arrive à un âge respectable où, malgré mes intenses réflexions, je me cherche encore ! Cruelle hésitation : cryptocapitaliste, cryptocommuniste ou cryptoécolo.... qui trouble mon sommeil.
Après mes périodes rouge, rose et bleue, cédant à la mode actuelle et au pessimisme ambiant, j'attaque ma "période verte".
Etant d'une nature sauvage et sédentaire, j'ai besoin, pour méditer sur l'avenir de la terre, de me pelotonner dans l'intimité d'une cellule monacale, telle une gerboise apeurée au plus profond de son terrier.
Allongé sur une riante paillasse de chaume (Ris donc ..Paillasseuuuuuuuu !!), recroquevillé en position foëtale, je serre précieusement, dans la chaleur de ma concavité, les derniers ouvrages à la mode de scientifiques de renommée mondiale : Igor et Grichka (les frères Ganache), N.Hulot, C.Allègre, Y.Arthus-Bertrand !
Apres un article sur la prochaine disparition du Pergelisol (j'évite le terme anglais de Permafrost qui me ramène systématiquement à mes problèmes sexuels), j'attaque l'interminable liste des conséquences du réchauffement climatique ; le quatorzièmement me donne froid dans le dos ; devant les restrictions d'eau planétaires qui s'annoncent, le gouvernement envisage la suppression totale et définitive du "petit jaune", institution provençale et nationale.
La Terre s'enrhume et l'Homme est son microbe.
Oscillant entre angoisse et colère, j'essaie de déchirer ces ouvrages de malheur !
Impossible ! Ils n'ont rien d'autre à foutre que d'écrire des milliers de pages indigestes et insécables.
Décidément, en attendant que l'Homme finisse de se détruire (ceci est logique ; les mécanismes qui l'ont conduit à dominer le monde, vont provoquer sa chute), je vais aller me recoucher !


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